Pourquoi je quitte Facebook

J’ai eu ma dose de Facebook. En fin de compte, ce n’est pas juste à cause de leurs politiques sur la vie privée qui empirent continuellement, la configuration obtuse des préférences sur la vie privé, et occasionnellement carrément de la censure. Non, c’est parce que nous avons déjà un internet et qu’il fonctionne très bien. Si je veux pouvoir lire votre page web ou vous envoyer un courriel, je n’ai pas besoin, en premier lieu, de donner à Mark Zuckerberg mon nom, ma photo, mon genre, ma région et la liste de tous mes amis, surtout qu’il s’évertue à publier tout ça au monde entier sous prétexte que l’âge de la vie privée est fini. Non, tout ce dont j’ai besoin est un accès à un ordinateur connecté à internet et d’utiliser des logiciels gratuit pour me connecter avec vous. Pour ceux d’entre vous trop jeunes pour se rappeler quand AOL donnait des CD et donnait accès à son propre internet privé (avec ses 30 millions d’utilisateurs au pic de la journée), imaginez-le comme étant l’équivalent de la cafétéria dans un centre d’achats. Au premier abord cela ressemble à espace public, comme un parc public, où chacun peu se laisser aller et converser avec des amis. Mais essayez donc de rentrer en protestant contre une des boutiques, ou avec un look de sans abris, et vous apprendrez bien vite que cet espace n’est pas public du tout. C’est la propriété d’une compagnie qui le contrôle et qui l’offre au public à ses propres conditions dans le but express de vous faire dépenser votre argent, et si vous vous mettez en travers du chemin, n’espérez pas qu’il vont l’apprécier.

Et comment Facebook fait de l’argent ? En faisant de la publicité hautement ciblée, ce qui demande de collecter autant de données que possible d’autant d’utilisateurs possible et de le diffuser aussi largement que possible. Pensez simplement à toutes les informations que vous avez donné à Facebook depuis votre inscription, et à ce que cela donne comme informations à leurs annonceurs sur votre profil. Bien sûr, d’autres ont déjà essayé, mais cette mine de données sans précédent rapporte à Facebook son milliard de dollars annuel.

Étant donné tout ceci, Facebook fait tout les efforts nécessaires pour rendre aussi difficile que possible de garder privées les données que vous lui donnez. Je dois l’admettre, je ne comprend plus rien leur ultra-complexe politique sur la vie privée et sa configuration, bien que, concevoir et construire des sites web et des communautés en ligne soit mon travail journalier depuis 2002, je soupçonne qu’il y en a peu qui les comprenne.

Je veux pas avoir besoin de lire des guides pour savoir comment utiliser les nouvelles configurations sur la vie privé, ou les modes d’emploi des programmes qui peuvent vérifier tes configurations comme reclaimprivacy.org, mais j’espère que tu va les utiliser si tu est sur Facebook.

Il semble que chaque mois, Facebook supprime un peu plus de ses configurations sur la vie privée, comme lorsqu’ils ont rendu impossible de ne montrer votre liste d’amis seulement à vos amis, ou commencé à partager vos données personnelles avec des sites tiers sur lesquels vous n’étiez même pas inscrit. Quand on a demandé pourquoi ce genre de renseignements n’était pas privé jusqu’à ce qu’on le rende public, le vice-président de Facebook au département des politiques publiques a répondu que d’après eux, les utilisateurs avaient choisi que cela soit public à partir du moment où ils ont posté de l’information sur le site, et que, dans ce cas, il était permis d’en disposer. À partir de là, je n’ai plus d’autre choix que de sortir complètement de Facebook.

Alors, pouvez-vous toujours rester en contact avec moi après que j’ai quitté Facebook ? Malgré les efforts de Mark Zuckerberg, nous avons encore un incroyable réseau global pour partager notre information selon nos propres termes. Vous pouvez m’envoyer des courriels à mvcorks [at] alumni.uwaterloo.ca, ou lire mes publications sur le site de réseau social open-source Identi.ca (ils sont aussi syndiqués sur Twitter). Vous pouvez aussi lire mon blog sur Livejournal, ou regarder mes photos sur Flickr. Toutes ces compagnies ont des politiques claires et des ententes de services auxquelles je fais confiance, et Livejournal et Flickr me permettent de partager certains contenu uniquement à des personnes que je connais. Si vous êtes un ami à moi et que vous êtes inscrit sur un de ces sites, faites le moi savoir et je vous y donnerais accès. Encore mieux, venez boire un thé et faire un scrabble, ainsi nous pourrons rester réellement en contact – mon numéro est dans l’annuaire. Et s’il vous plaît, ne me mettez pas sur votre Facebook.

Mise à jour : Ceci est exactement le genre de chose qui, j’espère, pourra remplacer Facebook d’ici quelques années. Cela ressemble à Bittorrent de la même manière que Facebook ressemble à Napster.

Mise à jour 2 : D’un collègue de travail, voici un exemple de ce à quoi ressemblera le monde si Facebook continue : un fournisseur de téléphonie cellulaire français offre un accès pour téléphones cellulaires à seulement 1€ par mois – mais vous n’avez accès qu’à Facebook et Twitter.

Je remercie mon ami Marc Angles, qui est prêt lui aussi de quitter Facebook, pour avoir traduit ce texte. La version originale en anglais est disponible ici.

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